Le tachygraphe VUL international soulève de nombreuses questions depuis l'entrée en vigueur des nouvelles obligations applicables au 1er juillet 2026. Les entreprises françaises utilisant des véhicules utilitaires légers (VUL) entre 2.5 et 3.5 tonnes pour des activités mixtes nationales et internationales doivent désormais composer avec deux réglementations qui ne semblent pas totalement compatibles.
Comment gérer les activités d'un conducteur qui alterne entre transport national et transport international ? Faut-il enregistrer les données dans plusieurs systèmes ? Voici ce qu'il faut retenir.
À partir du 1er juillet 2026, certaines activités de transport international réalisées en VUL sont soumises aux règles européennes relatives au chronotachygraphe.
Cette évolution vise notamment à renforcer les contrôles et à améliorer les conditions de concurrence entre les entreprises de transport.
Toutefois, un point important mérite d'être rappelé : le tachygraphe intelligent de deuxième génération (1C V2) doit disposer de la fonctionnalité OSNMA (Service Navigation Message Authentication) activée.
Les appareils installés après le 25 décembre 2025 doivent obligatoirement intégrer cette fonctionnalité. En revanche, pour les équipements plus anciens, il est recommandé de vérifier leur conformité auprès d'une station tachygraphe agréée.
La difficulté apparaît lorsqu'un conducteur réalise à la fois des activités nationales et des activités internationales.
En effet, ces deux activités ne sont pas soumises aux mêmes règles d'enregistrement.
Aujourd'hui, le Code des transports français prévoit principalement trois outils pour le suivi des activités nationales :
Cependant, ces dispositifs ne sont pas reconnus par la réglementation européenne applicable au chronotachygraphe.
À l'inverse, les activités soumises à la réglementation européenne doivent être enregistrées via le tachygraphe.
Cette coexistence de deux systèmes crée donc une situation particulièrement complexe pour les entreprises françaises.
L'une des principales difficultés concerne la gestion des 56 jours précédant une activité internationale.
Concrètement, un conducteur ayant effectué uniquement des activités nationales pourrait devoir ressaisir manuellement certaines informations avant d'effectuer un transport international.
Cette situation soulève plusieurs interrogations :
À ce jour, ces questions ne semblent pas encore avoir reçu de réponse précise.
Cette situation pourrait entraîner des difficultés importantes pour les entreprises concernées.
Les transporteurs pourraient notamment devoir :
Par ailleurs, les données enregistrées pourraient ne pas être totalement identiques selon le système utilisé.
Cette situation génère donc une charge administrative supplémentaire pour les entreprises françaises ayant une activité mixte.
Dans l'attente d'éventuelles précisions réglementaires, plusieurs mesures de prudence peuvent être envisagées.
Les entreprises peuvent vérifier que leurs tachygraphes 1C V2 disposent bien des fonctionnalités requises, notamment l'OSNMA.
Il est conseillé d'identifier les salariés susceptibles d'effectuer des opérations internationales.
La mise en place de procédures écrites permet de sécuriser les pratiques de l'entreprise.
Enfin, il est recommandé de suivre attentivement les prochaines évolutions réglementaires et administratives.
Le tachygraphe VUL international soulève aujourd'hui des interrogations importantes pour les entreprises françaises exerçant une activité mixte nationale et internationale.
L'absence d'harmonisation entre les règles françaises et européennes pourrait entraîner des contraintes administratives supplémentaires pour les transporteurs concernés. Dans l'attente de précisions officielles, la prudence et l'anticipation restent essentielles.
Non. L'obligation concerne certaines opérations de transport international réalisées avec des véhicules utilitaires légers entrant dans le champ d'application de la réglementation européenne.
L'OSNMA est un système d'authentification des données satellitaires intégré aux nouveaux tachygraphes intelligents.
Non. Mobilic est reconnu par la réglementation française, mais il n'est pas prévu par la réglementation européenne relative au chronotachygraphe.
Cette période correspond aux données d'activité qu'un conducteur doit pouvoir justifier dans certaines situations de contrôle.
Cet article s'appuie sur les analyses et publications du Guide du Chrono, plateforme d'information et de formation dédiée aux professionnels du transport routier et du chronotachygraphe.